
Atelier

Je possède un atelier que j'ai transformé en galerie. C'est dans ce lieu que démarrent toutes mes créations.
Mon inspiration se nourrit de lectures de poêmes ou de légendes, de la simple observation d'un objet, d'un personnage ou d'un animal.
J'essaie de transmettre à travers ma peinture, ce que je ressens et ce que je perçois du monde actuel ou passé. Chaque tableau raconte une histoire. Je pars d'un dessin léger au crayon puis, viennent les couches successives de peinture fixées en transparence avec un séchage entre chacune d'elle, que l'on appelle « glacis ».
C'est un travail qui s'échelonne sur 1 ou 2 mois suivant le format du tableau. Ma palette de couleurs se décline du bleu à l'ocre et du rouge au jaune principalement.
« Tous les pays qui n’ont plus de
légende seront condamnés à mourir de froid »
Patrice de la Tour du Pin
Ces deux vers extraits de « La quête de joie » du poète Patrice de la Tour du Pin, recèlent à eux seuls toute la résonance originelle de l’œuvre de Lydie GODBILLON qui use de son talent pictural comme d’un miraculeux moyen d’offrir à l’homme la possibilité de savoir encore s’émerveiller. Lydie GODBILLON préserve la pureté du jardin de l’enfance où se conjugue le rêve et la beauté avec toutes les couleurs d’un monde porteur du langage de l’intérieur.
Lydie GODBILLON exploite la technique d’une peinture minutieuse, sorte de préciosité maniériste sertie d’imaginaire, de surréel et de délicieuses parcelles de poésie. Dans les œuvres de Lydie GODBILLON, le temps est en suspension, sans doute est-ce ici l’atout majeur. Les clés utilisées par notre artiste sont nombreuses, allant de la légende populaire au mythe de l’antiquité pour rejoindre les alternances saisonnières ou la fusion des éléments.
Quant à la musique, elle est omniprésente, comme une cathédrale
imaginaire, elle déchire la toile blanche du silence, le temple
devient fête. La muse de la musique s’impose par un rêve
de transparence où vibrent toutes les variations des sphères.
Dans cette œuvre onirique, rien ne s’impose tout est suggéré
telle cette belle image de « L’oiseau sculpteur » qui
devient le géniteur et la source créative de tous les instruments
du monde. Tous les arts se font la structure de ce tapis d’imaginaire
de Lydie GODBILLON, songes, voyages, partitions écritures,
le cocktail est à son apogée. Nous croyons parfois errer
entre les pages enluminées d’un livre de contes orientaux
La palette de Lydie GODBILLON est toute de douceur, de délicatesse, de demi-tons où la musicalité ambiante est vécue comme un rêve, sorte de chrysalide se métamorphosant en papillon afin de mieux offrir sa musique d’âme aux divinités célestes. Mais au travers de toute cette poésie s’intercalent des espaces de doute, de violence, de besoins de déchirures aux couleurs rouges, rappel à l’acte de créer, qui s’avère être aussi une longue blessure douloureuse. A l’origine toute naissance est un cri. Peut-être est ce pourquoi, mieux que peindre Lydie GODBILLON poétise, car elle sait que ce sont les images qui atteignent et éclairent l’âme. Voilà pourquoi son langage est à la hauteur du cœur.
Michel BENARD